Une fois, au cours d'une discussion, on m'a demandé : « pourquoi faire du breathwork ? » Je ne savais pas vraiment quoi répondre. Je le fais, c'est tout, parce que cette pratique m'apporte énormément. J'aurais pu faire une liste des bienfaits, façon Instagram, mais je n'ai pas voulu. Résumer le breathwork à une liste de points, c'est manquer l'essentiel de ce que le souffle apporte.
Je me suis dit qu'écrire sur le breathwork, en inspirant pour m'inspirer, serait une belle ode au souffle. Et quoi de mieux que de raconter ce que la respiration me procure et où elle me guide ? Alors assieds-toi, prends une bonne inspiration, expire lentement en soupirant et... bonne lecture.
Pour commencer, je ne parlerai pas du lien entre la respiration et le système nerveux, qui relève d'explications très techniques (ici).
Aujourd'hui, si j'en suis là, à écrire ces lettres et ces articles, c'est principalement grâce au souffle. J'en tire mon inspiration, ma créativité. Car au début, il y a eu l'essoufflement, comme signe précurseur d'une descente... ou plutôt d'une plongée.
Comme beaucoup, j'ai voulu tout faire, aller plus vite et plus loin, sans jamais me reposer. Je pensais que la réussite sociale et personnelle était directement corrélée au travail fourni. Que l'inertie, le manque de productivité, étaient une faiblesse. J'ai commencé par la respiration Wim Hof : des hyperventilations et des apnées répétées, chaque matin, persuadé qu'en réalisant cela, j'allais devenir quelqu'un. Au départ, plus de vitalité et une confiance en soi grandissante. Je n'ai pas su m'arrêter. Je pratiquais les apnées volontaires pour être « plus », mais peu à peu, je me suis essoufflé et je suis passé en apnée. Comme un corps coulant dans l'eau, qui se débat pour refaire surface avant de lâcher prise, pour plonger. Sauf que cette fois ci, c'était mon propre corps.
La réussite, le challenge, tout est toujours plus, plus haut, plus vite. Alors quand pouvons-nous nous poser, fermer les yeux et respirer ? Nous sommes tellement conditionnés que nous avons oublié ce que c'était. Et paradoxalement, rester assis et faire face à nous-mêmes devient inconfortable, voire insoutenable. Alors nous faisons plus de sport, plus de yoga, plus de tout. J'ai médité, pendant des minutes, des heures, repoussant cet inconfort, me dissociant de lui... plutôt que de rester avec lui, et de le vivre. N'est-ce pas simplement une fuite de l'inconfort ? Une stratégie d'évitement. Et nous nous persuadons que c'est une question d'identité.
Et puis, un soir. J'étais assis sur la chaise de ma chambre. Une voix intérieure m'a murmuré : Respire. Mon corps a tremblé. Le brouillard mental s'est dissipé. Et j'ai repris mon souffle.
À partir de ce moment là, j'ai commencé à écouter ce que la vie me disait. Elle m'a ouvert les portes d'une formation de breathwork, puis d'une deuxième, puis d'une troisième, pour enfin l'incarner.
Le breathwork, c'est un voyage au cœur même de notre identité. J'aime dire qu'à travers la respiration, nous nous connectons à notre essence, notre véritable Nature. À qui nous sommes, vraiment. Nous prenons cet air qui nous entoure, que nous partageons avec le vivant, la terre, la nature et notre voisin. C'est ce qui relie l'humain à l'expérience.
Chaque émotion que nous vivons s'ancre dans une expérience. À cette émotion sont reliés une sensation physique... et un souffle. Lorsque le souffle se fait court, rapide et chancelant, peut-être exprimons-nous de la peur ? Ou de la colère ?
Dans les breathworks que j'anime, je vois sans cesse des personnes se reconnecter à leurs émotions. Comme si, à cet instant, elles s'autorisaient à vivre et à revivre ces expériences, pleinement, empreintes des émotions qui les animent. J'ai vu des larmes couler, à chaque respiration, libérant le trop-plein que ces personnes portaient. J'apporte toujours ma propre intention dans ces sessions : y apporter l'amour. Et par cette émotion fondamentale, ces corps se meuvent, se chargent de cet amour que certaines, j'en ai parfois l'impression, n'ont pas connu ou ont tout simplement oublié.
Alors oui, respirer, c'est ressentir une émotion et vivre pleinement l'expérience humaine. C'est mettre de la conscience sur l'instant présent. En remettant cette conscience sur le vivant, nous dialoguons avec ce qu'il y a de plus profond en nous. Un ego qui cherche à nous protéger. Un inconscient personnel et instinctif. Un héritage collectif, comme une mémoire de nos ancêtres.
Le breathwork, c'est ça : puissant et subtil à la fois. Chaque souffle nous rapproche de cette énergie qui sommeille en nous. Chaque inspiration nous insuffle la vie et nous rend vivants. Chaque expiration nous libère.
Le breathwork, c'est ce qui me rapproche le plus de Dieu. Cet amour sacré au plus profond de moi. Une énergie abondante et créatrice qui me rappelle à chaque instant pourquoi j'existe, pourquoi j'expérimente la vie.
Si aujourd'hui on me posait la même question, je dirais que c'est ce qui me rend humain et profondément moi. Tout simplement.