5h Réveil
5h05 Yoga
5h30 Méditation
6h Respiration
6h20 Douche froide
6h 25Travail projet
7h Réveil du petit
7h 05 Temps familial
9h Temps de travail
18h30 Temps familial
19h45 Travail projet
21h45 Dormir
REPEAT.
Voilà à quoi ressemblait ma vie dans une optique d'élévation de soi et de réussite de business. Sans m'en rendre compte, je m'étais programmé une vie d'ascète.
Au départ, je pensais être dans une bulle, je me sentais fort, puissant.
Et puis la fatigue pointe le bout de son nez. Une fatigue mentale et physique.
Epuisé au réveil, ma routine matinale devient un réel acte de volition.
Il n'y avait plus de place pour des aspérités. Chaque défauts étaient gommés par un masque d'excellence.
Sans le savoir, j'étais Isolé de mes amis. Plus de discussions profondes, plus de rires aux larmes, plus de conversations Whatsapp.
Eloigné de ma famille, on ne me reconnaissait pas.
J'étais pourtant persuadé d'être meilleur, d'être plus, de me rapprocher de ce que des branches du dev. perso proposent.
Hyper concentré sur la destination, celle d'un projet qui doit générer de l'argent. Celle de gagner plus.
J'ai voulu gagner autrement, en travaillant moins.
Finalement, j'ai gagné moins, en travaillant plus.
Avec des oeillères, je fonçais tête baissé, incapable de voir le grand tableau et d'avoir une nouvelle perspective.
Au premier obstacle, au premier échec, je changeais de chemin. Sans constance, sans régularité.
Ironie du sort, alors que je proposais d'accompagner à retrouver du sens dans son travail et son quotidien, je m'étais perdu dans ma propre quête.
J'ai proposé du développement personnel, mais ce dernier m'a épuisé, lessivé et fait culpabiliser de ne pas y arriver.
J'ai répété des Mantras, tous les matins, pour façonner ma réalité, pour créer mon identité jusqu'à ne plus savoir qui j'étais.
Alors je me suis inspiré de grands, de réussite, de promesses d'une vie meilleure, d'une vie d'abondance financière.
Et encore une fois, je ne savais plus qui j'étais.
J'ai copié, calqué, mais ce n'était pas moi. Adieu singularité.
Le développement personnel offre un grand pouvoir à celui qui sait l'utiliser, à celui qui se plait dans la pensée positive.
Mais il peut également perdre celui qui ne sait pas s'arrêter.
Je pense que le Dev perso est un outil qui va nous permettre d'amener une nouvelle vision des choses. Rien de plus. Il vient travailler une surface, et suit une mouvance moderne.
On a eu la pensée positive.
Puis la vulnérabilité.
Aujourd'hui on a le fait de vivre avec la souffrance.
Le problème, c'est qu'il existe des approches multiples, et comme un téléphone arabe, le message au bout du fil se transforme.
On en oublie l'essence.
De ce que j'ai compris, cet essence, c'est un retour à l'essentiel. En tout cas, c'est ma vérité.
Le développement non pas personnel, mais spirituel. Un travail de notre sensibilité intérieure, dans toutes les dimensions : le coeur esprit, le corps, l'âme.
En fait, grandir, c'est désapprendre, se délester de toutes ces projections qui ne nous appartiennent pas.
La sagesse ne se trouve pas dans l'ajout mais plutôt dans le tri.
L'essentiel, ce sont ces moments simples que je ne voyais plus, que j'avais perdus : une conversation profonde et spontanée avec un ami, un moment de "flanerie", accepter l'imperfection sans culpabiliser.
C'est aussi, une connexion avec une nature vaste, un environnement qui attend que l'on tende une oreille.
Les ressources sont déjà là, en nous et autour de nous.
Il n'y a pas à essayer de créer , mais de retrouver ce qui sommeille en nous puis de le cultiver pour en faire quelque chose de beau, de grand.
Dans une candeur qui nous appartient.
L'authenticité se trouve dans la conscience de la spiritualité, permettant de suivre son propre chemin.
Je crois que je m'étais perdu dans le développement personnel, dans la science et tout le scepticisme qui l'accompagne.
J'ai découvert également la spiritualité. Et de façon obsessionnel, je m'y suis plongé, en oubliant mon ancrage... et finalement qui j'étais.
J'aime comprendre les choses, les approfondir, et je suis conscient de ce désir obsessionnel de saisir l'essence des choses et de performer.
C'est en prenant conscience de tout ça, que j'ai compris que ma voie était celle du milieu.
Je devais trouver mon authenticité non pas dans la recherche mais dans l'abandon.
Un lâcher prise dans tout ce qui est.
Sans chercher absolument à tout expliquer, à tout comprendre.
La recherche est une instruction et non une finalité. Tenter d'expliquer ce que je vivais me cloisonnait dans ma quête et je n'avais plus de perspective d'ensemble.
Alors que si je me laisse prendre par l'expérience, en prenant tout ce qui vient à moi, tel qu'ils sont, paradoxalement, mon intuition et ma sensibilité s'en retrouvent grandis.
Aujourd'hui, je ne cherche plus à suivre le même chemin que ceux qui m'inspirent.
En abandonnant le désir de ressembler, d'être ce que je ne suis pas, je n'ai plus d'attentes.
Je peux suivre alors ma propre voie, en toute liberté.
Je peux être alors qui je suis réellement.
Je retrouve ma nature intérieure.