· 4 min de lecture

Et si notre mal-être commençait par notre respiration ?

Et si notre mal-être commençait par notre respiration ?
Photo by Darius Bashar / Unsplash

Elle est allongée sur ma table, les yeux au plafond. Je pose mes mains pour commencer mon traitement et j'observe. Rien ne bouge. Ou presque. Sa poitrine reste haute, verrouillée, comme si elle retenait quelque chose depuis des années.

« Respirez normalement », je lui dis. Et c'est là tout le problème : son « normal » à elle, c'est un souffle court, rapide, prisonnier.

Je vois ça tous les jours. Des corps qui ont oublié comment respirer.

Et pendant ce temps, dehors, le monde se met au breathwork. On se forme, on guide, on expérimente. Le souffle fascine, le souffle transforme. Mais avant de vouloir respirer « mieux », il faut comprendre ce qui se passe vraiment quand on respire.

Le souffle nous relie au vivant

Au fond, c'est simple : un échange. De l'oxygène qui entre, du dioxyde de carbone qui sort. Entre nos cellules et le monde qui nous entoure.

Nous inspirons de l'oxygène (O₂). Nous expirons du dioxyde de carbone (CO₂). Chaque cycle, un échange perpétuel.

Les traditions anciennes appelaient ça le prana, le ki, le chi. L'énergie vitale. Et quand on regarde bien, c'est le lien le plus direct entre nous, humains, et la terre.

Je me rappellerai toujours cette phrase de Sadhguru :

Ce que la plante expire, nous l'inspirons. Ce que nous expirons, la plante l'inspire.

Rien de mystique là-dedans. Juste ce vieux cours de SVT : un échange de gaz, O₂ contre CO₂.

Ce qui se joue dans le sang

Descendons d'un cran.

À chaque inspiration, l'hémoglobine de notre sang capte l'oxygène et le transporte jusqu'à nos cellules. Là, elle le libère pour qu'elles puissent vivre. Puis elle repart vers les poumons, chargée du CO₂ à évacuer.

Et le corps a une intelligence fine. Quand le CO₂ s'accumule dans un tissu, l'hémoglobine y relâche justement plus facilement son oxygène, là où les cellules en ont le plus besoin. On appelle ça l'effet Bohr.

Autrement dit, le CO₂ n'est pas un simple déchet. C'est lui qui commande la livraison de l'oxygène. Ce détail va tout changer pour la suite.

Notre respiration ne tient jamais en place

Car dans la vraie vie, notre souffle ne cesse de bouger. On marche, on parle, on s'active, on s'isole, on se confronte aux autres. Et sans arrêt, le monde extérieur vient modifier notre état intérieur psychologique autant que physiologique.

N'avez-vous jamais vécu ce moment où la colère vous submerge ? Le cœur qui cogne, le souffle qui s'emballe. Ou ces sanglots qui hachent la respiration en morceaux ?

Notre souffle change en permanence. Et avec lui, tout notre paysage intérieur.

Le piège de l'hyperventilation

Faites le test, là, maintenant. Combien de fois respirez-vous par minute ? Dix ? Quinze ? Vingt ?

Quand on respire trop vite, on rejette trop de CO₂. Et souvenez-vous : le CO₂ n'est pas un déchet, c'est un régulateur. En le chassant, on rompt l'équilibre acido-basique du sang.

Le système nerveux capte aussitôt cette variation. Pour lui, ce déséquilibre ressemble à un signal de danger. Il passe en état de vigilance, active le système sympathique celui du stress. Et le stress, à son tour, accélère encore la respiration.

La boucle est bouclée. On respire vite parce qu'on est en alerte, et on reste en alerte parce qu'on respire vite.

Peu à peu, ce n'est plus seulement une mécanique interne qui se dérègle. Ce sont nos comportements. La fatigue s'installe, physique et psychique. On devient irritable, on perd en clarté, en discernement. On subit ses émotions au lieu de les traverser.

Et ça nous frustre d'autant plus qu'on essaie de bien faire. Psychologue, sport à gogo, yoga, méditation. Mais rien ne prend vraiment. Parce que les fondations, elles, ne sont pas rétablies.

On ne construit pas un château fort sur du sable.

Revenir au socle

Aujourd'hui, j'en suis convaincu : la respiration et le système nerveux sont les fondations de notre santé, mentale comme physique.

Dans neuf cas sur dix, mes patients arrivent avec un sommeil fragile, un système nerveux en alerte, un souffle qui a perdu son rythme. Avant le yoga, avant la méditation, avant le sport, il y a ce socle : respirer.

Alors je t'invite à un premier geste, tout simple. Là, maintenant, pose une main sur ton ventre. Inspire lentement, et sens-le se soulever. Expire, plus lentement encore.

Ce n'est rien. Et c'est déjà tout. C'est le début du chemin de retour vers toi.


Une respiration pour se reconnecter

Lors des ateliers d'Hypnotic Breathwork, j'ouvre un espace de connexion au souffle, à l' intelligence du corps.
Je prends toujours plaisir à accompagner et à observer ces corps qui bougent au rythme de leur respiration, de la musique et des sons.
Il n'y a rien de plus beau, plus pur et d'agréable que cette sensation, celle de pouvoir se connecter à notre véritable nature.
Comme si l'ego cessait de nous protéger en permanence, dévoilant notre individualité et qui nous sommes réellement. C'est peut être ça, se sentir vivant ?

Ce moment suspendu en pleine montagne où tu contemples l'immensité du paysage, les cheveux au vent, la quiétude du silence qui te ramène dans un état de paix et d'amour.

C'est cela, que je souhaite transmettre au travers de ces séances de respiration.


Retrouver cet état, c'est également un travail profond, personnel qui demande du temps. C'est ce que je propose dans le parcours Performance Fondamentale. Restaurer les fondamentaux.

Réserver ta session ici.

Learn more